Egypte

Vers un coup de Force Egyptien pour Libérer Shalit ?

Selon Saïd Siam, ex-Ministre de l’Information du gouvernement du Hamas, l’Egypte use de la torture pour soutirer des informations des emprisonnés du Hamas : ceux-ci ont été capturés dans le Sinaï au moment de la révolte contre la barrière à la frontière de l’Egypte et de la Bande de Gaza, il y a quelques semaines. Des commandos de terroristes du Hamas et autres jihadistes étaient passés au Sinaï pour rejoindre des groupe d’Al Quaïda, organiser la contrebande d’armes et d’explosifs, des missiles « Grad » en particulier et organiser des attentats contre Israël, à Eilat en particulier.

Selon Siam, les questions des interrogateurs et tortionnaires égyptiens auraient pour sujet principal … Guilad Shalit, le franco-israélien kidnappé il y aura 2 ans en Juin.

L’Egypte, qui essaye de mener des pourparlers entre le Hamas et Israël sur cette question, jusqu’ici sans grands résultats, prépare-t-elle une surprise en essayant de libérer Shalit par la force ? Shalit aurai-t-il été transférer au Sinaï sous le couvert des milliers de Gazaouis qui ont passé la frontière ?

Un accord a été signé entre Israël et l’Egypte concernant l’approvisionnement d’électricité égyptienne à Gaza qui doit être complété dans les deux ans : signe d’une reprise en main de la bande de Gaza qui fut égyptienne jusqu’en 1967 ?

Il semble que le pouvoir de Moumbarack se soit enfin décidé à agir dans la région : ainsi plusieurs tunnels de contrebande d’armes ont été découvertes ces derniers temps par les troupes de police égyptienne, les sapeurs égyptiens reconstruisent une barrière à la frontière avec Gaza, en béton armé, haute de trois mètres, le Général Sulimanié, chef des services de sécurité et du renseignement égyptien essaye de remettre en place des postes de passages à la frontières avec une présence du Fatah c'est-à-dire de l’AP.

L’arrestation de centaines de militants des « Frères Musulmans » ces dernières semaines, à l’approche des élections en Egypte et les actions musclées décrites plus haut semble montrer que l’Egypte qui avait semer le vent, ne tient pas à récolter toutes les dégâts de la tempête!

Mumbarack : Qui sème le vent…

Selon les estimations de l’ONU, environ 350 milles Palestiniens sont passés ces dernières heures en Egypte !

Le tour de force du Hamas face à la frontière Gaza Egypte a commencé hier par une manifestation « spontanée », organisée par le Hamas, de  grosses « mamas » en foulard et leurs gosses en premières lignes suivis des miliciens armés - tactique bien connues des jihadistes – au Check Point de Rafah, ville coupée en deux par la frontière.

L’armée égyptienne n’a pas hésité à tirer dans la foule faisant plus de 90 blessés.

Les miliciens du Hamas ont fait fuir, par des tirs nourris, les valeureux combattants de Mumbarck, vite évanouis dans les sables du Désert du Sinaï, des milliers de palestiniens à leurs trousses.

Cette nuit les miliciens ont fait sauter la barrière de sécurité entre l’Egypte et Gaza et des centaines de milliers de Palestiniens se sont enfuis dans le désert !

Certains pour rentrer chez eux avec de la farine, du sucre et toute ces denrées qui leur manquent depuis l’embargo imposé par Israël : mais cet aspect de la situation vous sera sans doute relaté en long et en large aux JTV de 20 heure et dans les Mondes et autres, tout en « oubliant » de rappeler les tonnes de produits chimiques pour la production d’explosifs, passées à la place du sucre et de la farine – cadeaux de l’UE !
Les journaux crieront sans doute à la victoire d’un peuple insurgé contre un ennemi violent : on aime en France ces mouvements populaires, cette liesse « spontanée » - et les télé voyeurs qui n’ont pas eu d’érection avec le couple Sarko-Bruni vont enfin avoir leur part d’orgasme national !

Si les « mamas » et leurs moutards cherchent de la farine et du sucre à Rafah l’Egyptienne, ce qui intéresse les miliciens de l’Ordre Nouveau de Gaza, ce sont les armes et les explosifs : depuis l’évacuation de Gaza, l’industrie des tunnels de contrebande bat son plein, sous la direction, la planification et le racket du Hamas. Plus de 30 tonnes d’explosifs militaires ont ainsi été introduits du Sinaï dans la Bande de Gaza. Les gardes frontières égyptiens n’ont rien fait pour empêcher le trafic, alors que les accords passés entre l’Egypte, Israël et l’UE les y obligeaient !

Cette infraction égyptienne fut la cause, il y a quelques semaines, de la grosse colère de Tsipi Livni, chef de la Diplomatie Israélienne, suivie d’une « crise » ente les deux pays.

Mumbarack  qui fut, jusqu’au Coup d’Etat du Hamas à Gaza, l’été dernier, le flic de Gaza, par l’entremise de son chef des renseignements, n’a rien fait pour essayer  de limiter les dégâts d’un tel Coup d’Etat : les implications ne concernent pas Israël seulement comme on se plait à le croire dans les salons et cafés parisiens, elles concernent directement le Peuple Palestinien (les gens du Fatah y voyaient l’éclipse de la dimension nationale du problème palestinien par la dimension islamo fasciste du conflit) et les possibilités d’arriver à des accords de paix.

Elles concernent aussi l’Egypte, qui, étant donné la situation interne, politique et religieuse, ne peut en aucun cas permettre l’existence d’un foyer islamiste à ses portes, avec une implication accrue de mouvement tels qu’Al Qaïda, le Hezbollah et l’Iran.

Mais Mumbarack a choisi la « voie arabe » pour régler ses affaires : au lieu d’une attaque de front du problème,  nous assistons depuis des semaines à un surfing politique qui essaye de manager les parties c'est-à-dire l’Egypte et … le Hamas, sur le compte d’Israël et de l’AP.

Mumbarack a renoué ses contacts avec l’Iran – alors que le danger d’un Iran nucléaire le concerne de près ! 
Et la semaine dernière Mumbarack a violement exprimé sa désapprobation du blocus israélien dans une discussion téléphonique à Olrmert.

Pour conclure, Mumbarack ne fait pas grand-chose pour restreindre la tumeur fasciste de Gaza alors qu’elle risque de mettre à mal son pouvoir et les intérêts égyptiens. Au contraire, dans ses apparitions publiques, Mumbarack attaque Israël qui essaye de se défendre contre un bombardement incessant, journalier.

Le refus du Président égyptien d’agir a été interprété par les sbires du Hamas comme signe de faiblesse et leur lecture de la situation leur a montré clairement quel était le maillon faible de la chaîne qui les entoure ! Il leur suffisait de tirer et le maillon a lâché ! Chose faite depuis cette nuit !

Maintenant des centaines de milliers de Palestiniens s’enfuient dans le Sinaï : ce ne sont pas tous des « mamas » et leurs gamins, mais les combattants du Hamas peuvent enfin rejoindre les groupes d’Al Qaïda du Sinaï et les Frères Musulmans égyptiens !
Rappelons qu’il y a environ deux semaines, Hanyé, le PM de l’Ordre Nouveau de Gaza, avait affirmé, dans un discourt qui fit enragé Mumbarck, que les arrières du Hamas sont en Egypte – ou plutôt que l’Egypte EST l’arrière du Hamas : tout un programme politique émane de cette simple phrase !
Le Hamas est en train d’assurer ses arrières, de faire passer à Gaza les armes lourdes, trop lourdes pour être passées par des tunnels de contrebande, même nationalisées, les tonnes d’explosifs préparées et cachées dans le fin fond du Sinaï !

On verra sans doute une escalade des affrontements avec Tzahal dans quelques semaines quand le nouveau matériel sera opérationnel entre les mains des miliciens, et sans doute une améliorations de leur aptitudes au combat.
Attendons-nous à voir une augmentation nette de la portion du pays bombardée journellement par les jihadistes ! A voir des tirs anti-aériens contre les hélicoptères de Tzahal avec des missiles terre air portable du type « Strella » ! Et, pourquoi pas ? Un remake de ce qui c’est passé à Rafah avec l’envoi de milliers de civils sur la barrière de la frontière avec Israël !

Sur le plan politique, le président égyptien qui avait semé le vent en attaquant Israël et en s’essayant à des arrangements avec le Hamas, va récolter la tempête : les milliers de miliciens du Hamas sont autant de cellules qui feront progresser la tumeur fasciste.

NO PASSARAN ! Cela fait plus de 70 ans qu’on le crie dans les rues – mais le fascisme est toujours passé à cause de ceux qui n’ont pas su le voir à temps ou qui ont essayé de s’entendre avec lui !

Un bon résumé de la PAF chiraquienne

Cet article de Libé (signé Claude Guibal) est un bon résumé des travers de la PAF chiraquienne : copinage, indifférence aux droits de l'homme, inefficacité, perte d'influence, concentration excessive de l'attention présidentielle, conséquences positives pour les affaires à prouver, etc. À lire :

Chirac ménage son ami Moubarak sans contrepartie
Malgré leurs rapports privilégiés, la septième visite du président français au Caire se clôt sans contrat signé.

C'est encore un ami de trente ans que Jacques Chirac a retrouvé au Caire, pour cette septième visite présidentielle. Hosni Moubarak, dont il aime à louer «la sagesse et l'expérience», est l'un pilier du Proche-Orient et les deux hommes «s'adorent et ce n'est pas feint», assure un proche du pouvoir égyptien. Hier soir, leur tête-à-tête s'est ainsi prolongé plus d'une heure et demie. Ils sont d'accord sur tout, ou presque, à commencer par la crise nucléaire iranienne. Chirac compte aussi sur Moubarak pour aider Paris dans le dossier libanais ou trouver une sortie à l'impasse palestinienne. Souhaitant que le peuple palestinien ne soit pas «puni» par la suspension de l'aide européenne au gouvernement du Hamas, il a appelé au maintien de l'aide humanitaire, en attendant de trouver d'autres canaux de financement.
«Entre les deux, c'est la franche camaraderie. Mais tout se passe à leur niveau et bloque le reste», explique un ancien diplomate, agacé que cette superbe entente politique ne se concrétise que par une coopération ronronnante. Pour cette visite, comme en Arabie Saoudite en mars, pas de contrat mais l'inauguration d'une université française et la création d'un conseil présidentiel des affaires.

 

Cette amitié limite les marges de manoeuvre. Pas question de mettre le raïs dans l'embarras. Les sujets épineux, comme les droits de l'homme sont évoqués en pointillé, Chirac ne manquant pas de souligner que «les réformes doivent être conduites par chacun à son rythme», «dans le respect de son identité». La délégation française a cependant assuré qu'il avait évoqué le sort de l'opposant Ayman Nour, second de la dernière présidentielle et depuis emprisonné.
Si la France ménage l'Egypte, elle ne bénéficie pas pour autant d'un traitement de faveur. Le Caire n'a pas hésité à bloquer pendant quelques jours le Clemenceau à l'entrée du canal de Suez. Et a freiné des quatre fers lors de l'enquête sur le crash de Charm el-Cheikh, en minimisant la responsabilité de son aviation civile. Côté commercial, la bonne santé des échanges doit plus à la reprise de l'économie égyptienne qu'à des rapports privilégiés. En témoigne le cas de Michelin, qui a renoncé à un investissement de taille, exaspéré par les exigences locales. L'Egypte aime la France, mais est pragmatique : son premier allié reste Washington et ses 2,1 milliards de dollars d'aide annuelle.
En voyage dans la capitale du monde arabe, il y a dix ans, Chirac avait voulu se placer en rival des Etats-Unis. En exposant les grands principes de sa politique arabe, il avait appelé l'Europe à jeter un pont vers la rive sud de la Méditerranée. Insuffisant pour enrayer la perte d'influence de la France, malgré les liens tissés par Jacques Chirac avec les dirigeants arabes dès son séjour à Matignon en 1974. Avec les Européens, ils sont ses principaux interlocuteurs internationaux. Il en voit un à deux par semaine, rappelle-t-on dans son entourage. La semaine prochaine, il recevra le Premier ministre qatari, puis Mahmoud Abbas.

Constat d'échec

Le discours que Jacques Chirac a tenu, en ce 20 avril 2006, à l'Université française d'Égypte, 10 ans après son discours-programme très ambitieux à l'Université du Caire, clôt symboliquement 10 ans de PAF chiraquienne et souligne, par sa modestie, le piteux échec du Président dans son domaine réservé. On sait que les institutions de la Vème République (ou au moins la pratique de ces institutions par les hommes politiques) ne permettent pas à un réel contrôle, parlementaire notamment, de l'action du Président dans ce domaine. L'échec chiraquien serait peut-être l'occasion de réfléchir à une nouvelle pratique française de la politique étrangère.

Cela n'empêchera Chirac que l'illégitimité et l'irresponsabilité politique et pénale n'ont jamais empêché ni de dormir ni de (bien) manger ni de (mal) agir, de continuer à s'activer dans sa dernière année d'activité professionnelle. Notons que si les marges de manoeuvre du Président sont limitées en politique intérieure par son arrivée en fin de mandat, ses échecs successifs et son 1% dans les sondages, il peut continuer à faire ce qu'il veut en politique étrangère. Ni les parlementaires ni Sarkozy ni les Européens ne pourront l'empêcher d'agir comme il l'entend.

La politique française vis-à-vis du Hamas commence à prendre un aspect ennuyeux. Il s'agit de revenir sur le principe de la suspension de l'aide aux Palestiniens que le Conseil de l'UE a décidé il y a 2 semaines, pour faire du maintien de l'aide le principe, et sa suspension l'exception : l'aide doit se poursuivre, il s'agit de "mettre en oeuvre" des "modalités" pour contourner le Hamas. Voici qui enlèverait toute pression sur le Hamas puisque ses problèmes de financement seraient quasiment résolus (sans compter les fonds supplémentaires qu'il a obtenu de la Russie, de l'Iran et de pays du Golfe) sans que le mouvement terroriste n'ait eu aucune concession à faire.

Voyez cet article du Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-763471@51-763047,0.html

Chirac au Caire 10 ans plus tard : un bilan de la PAF, s'il-vous-plaît!

C'était il y a 10 ans, presque jour pour (le 8 avril 1996, précisément) que Jacques Chirac, le nouveau président français, encore jeune et fringant, l'héritier de De Gaulle en personne, prononçait un discours-programme à l'Université du Caire. Ce discours constituait, de l'avis même de l'entourage du président, l'énoncé de sa doctrine arabe et moyen-orientale. Quelques extraits du discours, où Chirac s'adresse, par les étudiants, "à toute la jeunesse de l'Egypte et du monde arabe" :

La politique arabe de la France doit être une dimension essentielle de sa politique étrangère. Je souhaite lui donner un élan nouveau, dans la fidélité aux orientations voulues par son initiateur, le Général de Gaulle. " Tout nous commande ", disait-il dès 1958, " de reparaître au Caire, à Damas, à Amman et dans toutes les capitales de la région, comme nous sommes restés à Beyrouth : en amis et en coopérants ".

La politique arabe de la France doit tirer sa force de deux atouts principaux.

Il y a d'abord, entre Français et Arabes, une connaissance mutuelle ancienne qui a nourri notre amitié séculaire et qui est aujourd'hui plus vivante que jamais. Dès le XVIème siècle, les rois de France avaient fait place à l'enseignement de l'arabe au Collège de France. Aujourd'hui, l'Institut du Monde Arabe est un grand et fort symbole du dialogue entre nos cultures. Cette réalisation, unique au monde parce qu'elle est le fruit d'un véritable partenariat, doit jouer tout son rôle au service de notre commune ambition.

Il y a ensuite la présence en France d'une communauté musulmane de plus de quatre millions d'âmes, la première d'Europe. Je salue ici les musulmans de France qui vivent leur foi dans la tolérance et dans l'ouverture à l'autre. Le gouvernement français entend veiller à leur plein épanouissement dans la dignité et dans le respect des lois de notre République.

Cette grande politique arabe, la France souhaite la faire partager à l'Europe toute entière.

Jacques Chirac, vieux président usé, déconsidéré, voire humilié retrouvera, mercredi et jeudi, son vieil ami Moubarak qui est d'ailleurs dans un état de décomposition similaire. Il y sera question de Hamas et d'Iran (le pauvre Ayman Nour, opposant égyptien qui croupit en prison, ne fera certainement pas partie des discussions), mais Chirac aura aussi l'occasion d'inaugurer la première université française d'Égypte, mise en place pour ralentir la montée en force de l'anglais dans ce pays où la langue française occupait jadis une place éminente. Je ne détesterais pas que la président y saisisse l'occasion de faire le bilan, solennel et objectif, de ces 10 ans de PAF chiraquienne.

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