Sarko l'américain

La grande presse se gausse de Sarkozy aux USA, de Libé au Monde. Chacun y va de sa raillerie, reprenant en choeur les reproches habituels : il n' pas parlé de l'Irak, il a dit qu'il aimait Elvis, etc...

Si un président américain avait avoué son admiration pour Piaf ou Flaubert, se serait-on moqué ? Je me demande si Kerry ne l'avait pas fait d'ailleurs, le candidat préféré des français (s'ils avaient voté aux USA).

Ne pas parler de l'Irak, cela signifie que la France a un message clair à ce sujet, et en conflit avec l'attitude américaine. Mais quel est-il ? Que demande la France de Sarkozy sur l'Irak ? Que je sache, à part l'éternelle condamnation de l'opération proprement dite, il n'y a rien dans le discours français de constructif. Evidemment, on peut toujours regretter les victimes, les maladresses des GI's, Guantanamo, mais encore faudrait-il un scénario alternatif. Il n'y en a pas.

J'ajoute que si un président américain était venu parler à l'Assemblée Nationale et s'était élevé contre la présence française au Congo ou au Tchad, les mêmes commentateurs auraient crié à l'intrusion.

L'anti-américanisme primaire est toujours aussi vivace, et Sarko autorise à passer une nouvelle couche. Je me risque à prévoir que toute la presse française soutiendra mordicus un seul candidat aux futures élections américaines, Obama. Pour son programme ? Non, pour son image, cette même image que l'on dénonce pour Sarko et d'autres.

 

Enfin, l'affaire iranienne est en train de changer de couleur en France ces dernières semaines. De plus en plus de voix s'élèvent contre de trop lourdes sanctions (le journaliste de Libé évoque de futurs "bombardements" américains, tel un nouveau Vietnam à rejouer),  affirmant que chacun a droit au nucléaire civil. Il faut dire que le voyage de Sarkozy en Libye n'a pas clarifié la donne. Pourtant tous les spécialistes pensent que l'Iran a des vues militaires, tous les journalistes ont entendu parlé de l'opération israélienne en Syrie (approuvée par un silence assourdissant du monde entier), et chacun peut se faire une opinion des intentions iraniennes en écoutant son président.

 

Parions que dans les mois qui viennent, l'opposition à Sarkozy prendra prétexte de l'Iran, avec peut être des boucliers humains à Téhéran si le besoin médiatique s'en faisait sentir. Un seul mot manque en permanence dans ces combats politiques, liberté.