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La politique israélienne de la France, 1948-68 - par LéviathanVoici le résumer envoyé par Léviathan d'un travail universitaire sur la P.A.F. Les données bibliographiques des années 60 me parraissent des plus importantes pour les lecteurs qui veulent approfondir la question des relations franco-israéliennes! Le texte complet de Léviathan se trouve sur son site La politique israélienne de la France, 1948-68 Durant la Révolution, le comte de Clermont-Tonnerre déclara devant la Constituante qu' « il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ». La France émancipera les Juifs qui petit à petit céderont aux sirènes de l'assimilation. Un siècle plus tard, l'affaire Dreyfus –qui fera écrire à Barrès « que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race » – réveillera le nationalisme Juif en révélant au grand jour l'antisémitisme de larges fractions de la société française. De pair avec les péripéties propres à l'histoire des juifs en France, la politique étrangère française n'aura pas toujours été amicale envers le sionisme et l'État d'Israël. Les relations franco-israéliennes sont marquées par une succession d'épisodes dramatiques. Or, dans cette continuité acrimonieuse, une période particulière se détache : celle de l'alliance franco-israélienne de 1954 à 1967. Comment expliquer cette idylle franco-israélienne qui, en 1956, alliait les deux pays dans une guerre contre l'Égypte? Pourquoi la France, contrairement aux autres États européens demeurés neutres, a-t-elle finalement choisi le camp arabe dans le conflit qui oppose ce dernier à l'État juif? Enfin, est-ce que cette posture est stratégique ou découle-t-elle d'une lutte d'intérêts gagnée par un Quai d'Orsay pro-arabe ? En réalité, l'alliance franco-israélienne reposait sur une entente tacite qui liait dans une amitié particulière la génération d'hommes politiques socialistes français et israéliens de l'après-guerre. Cette alliance ne survivra pas au retour de la droite et à l'avènement de la V e république. Le Quai d'Orsay en profitera alors pour regagner le terrain perdu et défaire pour les décennies à venir la relation franco-israélienne. Résumé L'article de D. Pryce-Jones analyse dans une perspective historique les relations du Quai d'Orsay avec le mouvement sioniste et l'État d'Israël. Pryce-Jones soutien que le personnel diplomatique français est généralement recruté au sein de familles aristocratiques, très catholiques et antidreyfusardes. L'accession à la carrière de diplomate reste soumise à cooptation, même larvée, depuis l'introduction, en 1894, d'un concours d'entrée. Le rôle joué par les hauts fonctionnaires du ministère des affaires étrangères dans la définition de la politique étrangère française est primordial à cause des longues périodes d'instabilité ministérielle – entrecoupées de périodes de ministères forts comme sous les gouvernements Waldeck-Rousseau ou Mendès France – qui prévalaient dans les III e et IVe. Or, la constitution de la Ve confirme les prérogatives du chef de l'État en matière de politique étrangère et, en réalité, c'est de Gaulle qui, nouant avec la tradition qui anime le Quai d'Orsay, retirera le soutien de la France à Israël. Les raisons stratégiques de l'alliance avec Israël puis du revirement de la France ne sont pas en reste. Pour V. Auriol, premier président de la IV e république, l'existence d'Israël est une garantie de « stabilité et de sécurité » en Afrique du Nord, aussi, la France ne doit pas le laisser détruire. J. Benoist-Méchin et P. Razoux analysent les rapports très étroits qui se nouent entre Israël et la IV e République. Relation qui se construit contre l'avis du Quai d'Orsay. Durant la crise de Suez, G. Mollet et C. Pineau, ministre des affaires étrangères, ont délibérément contourné le Quai d'Orsay. D'ailleurs, Pryce-Jones appuie cette thèse lorsqu'il évoque les recommandations faites par Pineau au Ministère de la Défense, lors des préparatifs de l'expédition de Suez : « Surtout pas un mot au Quai d'Orsay » (p852). Cependant, le Quai d'Orsay devait progressivement reconquérir le terrain perdu. Après l'avènement de la V e République et, plus précisément, de 1963 à 1967, M. Couve de Murville, ministre des affaires étrangères et diplomate de carrière, allait s'employer à rompre l'alliance franco-israélienne. Cette relation est d'autant plus facilement rompue qu'elle n'est pas institutionnalisée. Tacite, elle repose pour beaucoup sur des relations personnelles entre les hommes politiques des deux pays et sur des affinités intellectuelles et idéologiques. Or, l'adoption de la constitution de la Ve république coïncide également avec le retour de la droite au pouvoir. Cet évènement majeur dans l'Histoire de France signe la fin de la relation particulière que les socialistes de la IV e entretenaient avec les sionistes socialistes au pouvoir en Israël. Avec la fin de la guerre d'Algérie, plus rien ne s'opposera à ce que la France recouvre son influence dans le monde arabe et, à cette fin, la relation privilégiée avec Israël sera sacrifiée. Or, la France ne se contentera pas seulement de rompre une alliance, en effet, elle ira jusqu'à soutenir l'ensemble des revendications arabes concernant Israël, après la guerre des Six jours. Cet « antisionisme » qui animera la politique française ne peut pas s'expliquer par ses seuls intérêts commerciaux et stratégiques. La surenchère à laquelle se livre la France en faveur des récriminations arabes ne peut s'expliquer que parce que le Quai d'Orsay ressent une certaine communauté de vues avec le monde islamique. Cette proximité est ancrée dans la tradition conservatrice française qui anime les diplomates. C'est donc un antisémitisme d'inspiration chrétienne et ses avatars qui sont en cause – donc pas un antisémitisme racial comme celui des nazis. C'est peut-être pour cela que cet antisémitisme là a pu oublier les leçons des années 1930-40. En effet, parce qu'il est diffus et ne se laisse pas facilement saisir, il trouvera auprès des élites politiques de la droite au pouvoir, un puissant écho. Bibliographie Razoux, Pierre. 2006. Tsahal. La nouvelle histoire de l'armée israélienne. Paris : Perrin. Auriol, Vincent. 1970. Journal du septennat . Paris : Armand Colin. Pryce-Jones, David. 2005-6. « La diplomatie française, les Juifs et les Arabes ». Commentaire 112 (hiver) : 833-57. Benoist-Méchin, Jacques. 1960. Le roi Saud ou l'Orient à l'heure des relèves. Paris : Éditions Albin Michel. Vaïsse, Maurice. 2006. « La diplomatie française, les Juifs et les Arabes. Réponse à David Pryce-Jones », Commentaire 115 (automne) : 615-24. Aron, Raymond. 1968. De Gaulle, Israël et les Juifs. Paris : Plon. ORTF. 1967. Conférence de presse du général de Gaulle . Paris : ORTF. De Carmoy, Guy. 1969. « The Last Year of De Gaulle's Foreign Policy ». International Affairs 45 (juillet): 424-35. By Ram Zenit at 2006-12-02 05:34 | Israël / Palestine | Le Quai et son ministre | Ram Zenit's blog | login or register to post comments | printer friendly version
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