Va-t-on vers une « libanisation » de Gaza ?
Dans un article paru cette semaine, le journaliste Alex Fishman, spécialiste des questions militaires du journal israélien Yedihot Akharonot, décrit une situation, à Gaza, qui nous mène vers une copie du Sud Liban.
Selon Alex Fishman, sous le calme relatif dans la Bande de Gaza, le Hamas travaille en profondeur à mettre en place les structures et les moyens nécessaires pour transformer Gaza en Sud Liban.
Cela se fait sur 2 axes principaux :
1- Prise en ligne de compte des tactiques de Tzahal dans ses opérations à Gaza depuis l’enlèvement de Shalit et au Liban dans les derniers affrontements de cet été
2- Renouvellement des stocks d’armes et leur modernisation, principalement avec l’intégration de roquettes anti-chars perfectionnées, de missiles Grads, de roquettes anti-aériennes, et de matériel naval.
Ajoutons qu’Israël a déclaré son inquiétude, par voie diplomatique, de ce qui se passe sur la frontière palestino égyptienne : selon le directeur du Shin Bet, Diskin, plus de 20 tonnes d’explosifs militaires sont passés en contrebande d’Egypte à Gaza, plusieurs milliers de fusils d’assaut Kalachnikov, des missiles et des roquettes. Des tentatives se font aussi par mer et bien sûr aux points de passage de la frontière israélo-palestinienne via des camions remorque qui apportent des fournitures des ports israéliens vers Gaza.
A propos de la situation actuelle à Gaza, elle est relativement « calme » dans la mesure où le Hamas ne sa met pas encore dans une situation offensive mais est en train de se préparer militairement, aussi bien en vue de nouveaux affrontements avec Tzahal qu’avec le Fatah dans des affrontements inter palestiniens. Par contre, le Djihad Islamique continue ses tirs de roquettes sur Sdérot et autres localités israéliennes.
Il semblerait que les ingénieurs et artificiers du Hamas soient arrivés au bout de leurs facultés à améliorer leurs roquettes de fabrications locales, d’où les efforts du Hezbollah de les pourvoir en missiles militaires de type Grad.
Le Hezbollah travaille en coopération très étroite avec le Hamas, lui transmet des informations tactiques, envoie des instructeurs et du matériel militaire de haute classe.
A mon avis, l’intérêt du Hezbollah est d’une part de maintenir un niveau de tension dans la région, d’autre part de calmer le jeu au Sud Liban pour lui permettre de reconstruire les édifices et les positions détruites par Tzahal, son infrastructure, de se réarmer, tout en calmant les critiques libanaises à son encontre. Il lui faut donc éviter un embrasement sur le front Nord d’Israël. Il lui faut aussi un certain temps d’observations et d’analyse des opérations de la FINUL et de l’Armée Libanaise au Sud Liban.
Nottons aussi que les cellules se réclamant d'Al-Quaïda pullulent à Gaza, ajouttant un élément important au jeu interne palestinien.
En attendant, Israël est encore occupé pour longtemps avec les dégâts dans les cercles politiques intérieurs et au sein de Tzahal de ce qui est appelé ici « la Deuxième Guerre du Liban ». La Syrie quant à elle continue sont double jeu habituelle d’appels à la paix d’une part et au réarmement du Hezbollah. Cette semaine un bateau affrété en Chine et qui a fait escale en Corée du Nord puis mis le cap sur le port méditerranéen Lattaquié en Syrie, a été arrêté à Chypre : sa cargaison comprenait des radars et des tuyaux pour la fabrication de missiles.
L’Iran continue à se moquer de l’Europe et de l'ONU et de leur incapacité à décider de sanctions effectives : elle a gagnée du temps pour la mise en place de son programme nucléaire.
Les évènement de ces derniers jours et la possibilité d’un conflit Russie – Géorgie tombe à point pour dévier la communauté internationale du problème du nucléaire iranien, du Hezbollah et du Sud Liban, permettant à ces facteurs de continuer leurs opérations sous terraines !