France-Israël I: Convergence de la PAF vers Israël?

Où comment la PAF, la Politique Arabe de la France, est le moteur qui fait converger la France vers Israël et met en lumiere la nécessité pour la France de coopérer avec Israël !

Près de deux cents cinquante milles spectateurs venus de tous le pays ont assistés au feu d’artifice du « Groupe F » français  spécialisé dans ce genre de spectacle. La circulation de Tel-Aviv a été bouchée une partie de la soirée puis de la nuit, la foule affluait qui a pied, qui à vélo, en voiture et en camion, familles nombreuses, jeunes couples, bandes de gosses, tout ce monde essayait de joindre le bord de mer. A vingt heure la première fusée des quinze milles programmées fendait le ciel de Jaffa, suivi d’un éclatement de tonnerre, de feux et de flammes de toutes les couleurs qui durera près de vingt minutes.
Ainsi s’acheva la fête de Lag Ba-Omer, fête des feux, où Israël fête la victoire des Macabéens sur les Grecs, par d’énormes feux de camps allumés sur toutes les places, tous les ronds points, tous les jardins de la ville ! Cadeau du gouvernement français à Israël!

Aux premières loges : Douste-Blazy, en visite officielle.

olmertDousteBlazy
Après avoir inauguré une nouvelle salle portant son nom à l’hôpital de Beer Sheva dans le désert du Néguev, Douste-Blazy a rencontré Tsipi Livni, nouvelle ministre des affaires étrangères d’Israël, puis Olmert.
Tout le monde, les politiques comme les journalistes, essaye de mettre en valeur les points de concordance et non les différents entre les deux pays et les deux gouvernements : grands sourires, politesses et cocktails aux « petits-fourim », comme on dit en hébreu, kachères.
Ainsi de Sofer, ancien ambassadeur israélien à Paris, à la dixième chaîne : « La France a découvert Sharon et son gouvernement s’est mis à l’aimer, voyant en lui la personnalité sachant décider et agir, lors du voyage de Sharon à Paris l’année dernière ». Livni aussi voit dans cette visite le point de départ du changement dans les relations franco-israéliennes.
Mais ce n’est pas seulement la personnalité de Sharon qui a fait ce changement : les intérêts des deux pays concordent sur le problème iranien. La France, d’après Sofer, se trouve très concernée par la menace iranienne sur ces intérêts pétroliers et politiques dans la région du Golfe Persique. De plus la France n’accepterait pas le rôle jouer par l’Iran, via la Syrie, au Liban que la France patronne, dixit Sofer.

Déjà la formulation, par Chirac, de la nouvelle politique nucléaire française et l’envoi d’une patrouille navale de taille vers le Golfe Persique, si ils n’affirment pas une volonté française claire d’agir violement, positionnent la France dans un certain coté de l’équation géopolitique du problème. Ainsi Douste-Blazy a exposé à ses interlocuteurs israéliens ses efforts, à l’ONU, face à la Russie  et à la Chine et ses tentatives pour attirer ses deux joueurs d’importance dans le consensus euro-américain.

Le nucléaire iranien est donc perçu clairement par la France comme une menace sur les pays arabes voisins et donc ses intérêts dans la région.
Cela expliquerai aussi la position française anti américaine sur la question irakienne : Chirac aurait affirmé à Sharon, lors de la dernière visite  de celui-ci à Paris, que le problème véritable est l’Iran et face à l’Iran il était de la plus haute importance de garder un régime fort en Irak, capable de contenir l’Iran. Le fait est que depuis la chute de Saddam, l’Iran n’en fait qu’à sa guise !
A contrario de la PAF, Politique Arabe de la France, la politique étrangère d’Israël dans la région est une politique classique basée sur la perception de « cercles d’états » formulée pour la première fois par Kautilya en Inde au IV ème siècle avant JC (Kautilya Arthasastra, Mysore, Wesleyan Mission Press, 1929 ou TN Ramaszamy Essentails of Indian Statecraft, London, Asia Publication House, 1962). En gros elle consiste à analyser les pays amis et ennemis en différents cercles imbriqués les uns dans les autres : au centre le pays, autour le premier cercle de pays ennemis, entouré du cercle de pays amis et ainsi de suite. Entouré de pays arabes ennemis, il était donc naturel, pour Israël, d’essayer de développer des alliances avec les pays du « deuxième cercle » comme la Turquie, l’Iran, l’Ethiopie etc … L’Iran tombée au main d’un régime fanatiquement anti israélien et la proximité Iran-Irak créaientt un « trou » dans le cercle ami : un trou de taille puisque il y avait une continuité d’états anti israéliens jusqu’au Pakistan et l’Inde en passant par la fanatique Afghanistan !
 Il était donc d’importance pour Israël soit de voire tomber le régime Saddam soit celui des mollahs ! Ou, encore mieux, les deux ! Et neutraliser ainsi ce qui est considéré par la Défense israélienne comme « le Front de l' Est ».
Les menaces iraniennes, presque quotidiennes, à l’encontre d’Israël sont prise très au sérieux : la chute du régime irakien n’ayant pas été suivi d’une reconstruction démocratique qui aurait fait effet domino et contenu, au moins, les mollahs, le « cercle extérieur » des pays amis n’a donc pas été reformer, rien ne retient l’Iran vers sa course à l’armement nucléaire, remettant  « le Front Est » dans une perspective encore bien plus menaçante.

Ainsi l’approche et les intérêts français rejoignent ceux d’Israël sur le point géopolitique que forme l’Iran.
En d’autres termes il semble que la PAF, la Politique Arabe de la France, soit le moteur qui fait converger la France vers Israël et met en lumiere la nécessité d’une coopération avec Israël !

Je dirais même plus,

Je dirais même plus, Ram...

Comme je l'ai déjà mentionné ici, c'est la première conjonction importante des intérêts israéliens et occidentaux en général depuis Suez. Cette alliance "objective" va à mon avis au delà de la France mais englobe toutes les démocraties occidentales. C'est la raison pour laquelle je ne crois pas que Tsahal mènera des bombardements en Iran. Il a plutôt intéreêt à "internationaliser" le problème et sa réponse.

On se souvient des scuds tombant sur Tel Aviv sans que Tsahal réagisse, on est dans un cas similaire mais encore plus global (et plus dangereux). La véritable question est celle à laquelle répond parfois de façon téméraire Alexandre Adler : qui pilote l'avion iranien ? Ce président est-il une marionnette destinée à cultiver la surenchère (et à faire tomber des pétro dollars), y a-t-il un groupe dirigeant suffisamment stratège pour négocier ultérieurement ou est-ce le chiito-nationalisme qui l'emportera ? 

Je n'ai pas d'élément de réponse, mis à part le fait que depuis la révolution des mollahs, l'Iran n'a jamais entamé seul des hostilités. Il a toujours utilisé des milices, des groupes terroristes, etc... L'Iran n'a pas été, jusqu'à aujourd'hui, l'agresseur direct dans les conflits de la région.