Boutef refait le coup du génocide

José Garçon de Libé exprime bien raison de la dernière sortie de Bouteflika. Puisqu'en grognant, vitupérant et insultant la France, il a pu obtenir la dernière fois une reculade (l'abrogation d'un article de loi qui ne lui plaisait pas), il se dit que cette technique mérite d'être employée à nouveau. C'est après tout logique. Il pourra obtenir non pas la signature du "traité d'amitié", qui lui importe guère, mais plutôt des concessions, sur les visas par exemple.

Bouteflika accuse de nouveau la France de génocide

«La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions [...] Nous ne savons plus si nous sommes des Berbères, des Arabes, des Européens ou des Français.» Histoire de confirmer ­ si besoin en était ­ que le traité d'amitié avec la France n'est plus d'actualité, Abdelaziz Bouteflika a dénoncé à nouveau la France dimanche. La loi glorifiant la colonisation ­ dont l'article controversé a été abrogé ­ n'est pas la seule raison du courroux présidentiel qui survient après l'échec de la visite à Alger du chef de la diplomatie française. Cette relance de la polémique obéit à trois raisons : Alger veut arracher un «repentir» français sans faire le «geste sur les harkis» réclamé par Paris, qui est par ailleurs accusé d'«humilier» les Algériens dans la délivrance de visas. Mais surtout Alger veut dissuader la France de soutenir ouvertement le plan d'autonomie marocain sur le Sahara occidental. Pour arriver à ses fins, l'Algérie joue aussi sur la rivalité française avec les Etats-Unis, faisant grand bruit autour des échanges de visites à haut niveau entre Alger et Washington.

Pour rappel, le ministre d'État et ministre des Affaires étrangères algérien avait déclaré jeudi dernier à Condoleezza Rice qui le recevait au département d'État que «la France n'a pas le même poids en Algérie que les Etats-Unis».

Bouteflika a raison sur un

Bouteflika a raison sur un point : l'absence d'identité algérienne. En revanche, il charge la France pour des raisons de politqiue intérieure. C'est vrai que les algériens n'ont pas d'identité forte et commune, en grande partie à cause des 40 ans de pouvoir absolu du FLN et de ses scories. Le socialisme à l'algérienne a  mis sous l'étouffoir la religion (avec un ressurgissement radical du FIS), les ethnies (avec l'exemple Kabyle), et la cohérence d'un territoire tracé en suivant les pipelines plutôt que les traditions (improbables elles aussi). L'Algérie issue des accords d'Evian n'a pas de cohérence géographique. Si la France a été colonisatrice, le FLN a été despote, le FIS barbare, et le président actuel purement calculateur. 

Il est quand même génial

Il est quand même génial ce Boutef...il a plusieurs millions de ses compatriotes ou descendants de ses compatriotes, qui sont nourris, logés, blanchis par la France, lui même est venu se faire soigner à Paris, et il trouve encore le moyen de se la ramener...

Quant à ce concept de "génocide culturel" il est fantastique. Un coup la France est accusée de ne pas avoir traité les algériens comme ses propres enfants, un coup elle est accusée d'en avoir fait des gaulois du désert, perdu ds leurs multiples origines. Je ne comprends pas que Douste (on se rappelle du post d'Emmanuel à ce sujet) continue à mendier les services de Boutef. 

et il remet ça aujourd'hui.

et il remet ça aujourd'hui. de nouveau admis au val de grace. Et la sécu française il la trouve comment?

Paulet, je ne crois pas que

Paulet, je ne crois pas que les algériens ou enfants d'algériens sur noter sol soient "nourris, logés et blanchis" par la France. Ton désappointement flirte avec la limite acceptable : qui aurait selon toi le droit d'être nourri, logé, blanchi par la mère patrie ? Celui dont les ascendants seraient Français sur x générations?   Cela n'enlève rien à l'ignoble phrase sur "le génocide culturel" de Bouteflika.   De même que je n'ai pas, en tant que Français, à être comptable des actes de la colonisation en permanence, de même les algériens vivant en France ne sont pas comptables des propos de Bouteflika. 

Je suis désolé No More

Je suis désolé No More pour moi, ms si le droit du sol est un droit constitutionnel, l'amour de son pays ou en tout cas un minimum d'attachement à ses compatriotes est un devoir moral. Donc pour clarifier ma pensée, c'est très bien que la France dépense par exemple 10000E/an par enfant scolarisé, ce serait bien aussi qu'on lui rende un peu la monnaie de sa pièce à cette pauvre France qui ne demande pas grand chose, si ce n'est un peu de gratitude.

Car elle considère chaque enfant de la mêmefaçon, ms il serait bien que les parents remplissent leur role en enseignant à leurs enfants à quel point ce pays les a extirpé à un destin relativement sombre. Moi même fils de Juif algérien, je me sens à la fois complètement français, et à la fois reconnaissant envers un pays  qui a fait acceder mes ancêtres à une certaine modernité.

Il y a donc une espèce de dualité à comprendre qu'on peut à la fois etre reconnaissant envers la France et se sentir à la fois pleinement français

Max Gallo dans le Parisien

Max Gallo dans le Parisien fait quelques remarques intéressantes sur le même sujet :

Abdelaziz Bouteflika vient, encore une fois, de dénoncer le « génocide de l'identité » algérienne durant la colonisation. Qu'en pensez-vous ?

Max Gallo. Bouteflika a un rapport politicien et démagogique avec l'histoire. L'utilisation pour la énième fois du terme « génocide » est polémique et n'a rien à voir avec la réalité historique. Il faudrait en fait une collaboration d'historiens algériens et français pour rendre compte d'une vision non polémique des faits. Bouteflika parle de l'identité algérienne, mais qu'était cette identité en 1830 ? L'Algérie s'est construite dans la résistance à la colonisation, l'identité algérienne s'est également forgée par cette résistance. La France a fixé le cadre territorial de cette identité, et sa présence culturelle a été décisive. Peut-on dire, alors, que les propos du président algérien sont à usage interne ? Peut-être s'agit-il de faire oublier la guerre civile en Algérie de la décennie 1990, qui a fait entre 100 000 et 200 000 morts, mais les mots sont les mots. Et s'ils ont une résonance interne, ils en ont aussi une en France, très négative celle-là. De telles déclarations ne vont pas faciliter l'avenir des relations franco-algériennes. Or les deux pays sont historiquement liés. On ne peut pas laisser passer les propos tenus par le président Bouteflika. Il devait y avoir un traité d'amitié entre la France et l'Algérie. Mais on voit mal un président algérien signer un traité avec, à l'en croire, une nation peuplée de criminels de guerre. Et du côté français, on ne peut pas signer un tel traité tout en acceptant un tel renoncement à la vérité historique. Un travail de mémoire est pourtant nécessaire ? Il y a une nécessité absolue pour la France et l'Algérie de connaître leur histoire commune. Mais s'il y a eu des massacres à Sétif en 1945 (NDLR : la répression par les forces françaises d'une manifestation dans le Constantinois avait fait en quelques semaines 45 000 morts selon les historiens algériens, de 15 000 à 20 000 selon les estimations françaises), il n'y a pas eu de génocide, il n'y en a pas eu ailleurs en Algérie, de la part de la France. Ce qui ne veut absolument pas dire qu'il ne faut pas ne pas reconnaître les fautes commises. Mais que veut-on, guérir les plaies ou laisser la gangrène du mensonge pourrir les relations entre deux peuples ?